Un, deux ou trois?

J’ai toujours su que je voulais être mère. Étant enfant unique, le fait d’avoir un seul enfant me convenait très bien. Toutefois, je laissais la porte ouverte à une éventuelle fratrie, même si ça m’était vraisemblablement inconnu.

J’ai donc eu mon premier enfant, un petit garçon. Ma grossesse s’est déroulée à merveille, je me sentais si comblée avec ce petit être bien au chaud qui grandissait peu à peu sous mon absolue protection et qui demeurait toujours avec moi. Je portais la vie. La fierté s’était emparée de moi. Ce sentiment, je savais dès les premiers instants que je voulais le revivre au moins une fois. L’accouchement n’a pas été facile, mais comme on l’entend souvent, on oublie vite ! D’ailleurs, peu de temps après, j’ai eu mon deuxième enfant, ma fille. Le bonheur était doublement présent. Mon désir d’être mère était assouvi, deux fois plutôt qu’une. Il était temps d’être présente pour eux, de les voir grandir, de leur donner le meilleur de moi-même. J’avais tout ce dont je désirais, c'est-à-dire, un conjoint présent et deux enfants en bonne santé. C'était donc très limpide, la famille était complète et nous en étions satisfaits. 

Les premiers mois de vie n’ont pas toujours été roses. Pleurs, coliques et nuits blanches étaient au rendez-vous les deux fois. Puis, le temps passait, beaucoup plus vite que je ne l’aurais imaginé et tout finissait par se placer. Je dirais même qu’il passait trop vite. La délicate douceur de la peau du nouveau-né qui dégage une indescriptible odeur éphémère m’a une fois de plus manquée. Enchantée, j’ai constaté que ma tendre moitié partageait la même vision que moi. Un troisième enfant était alors plus que bienvenu dans notre vie de famille. 

Même si tout semblait clair, les «si» sont vite apparus. Et si la grossesse ne se passe pas bien? Et si l’accouchement est difficile? Et si les enfants ne sont pas en harmonie? Et si je n’y arrive pas ? Et, comme coup de grâce, certains m’ont dit :«Ouf tu es bonne d’en vouloir un troisième!» Vous savez, ce commentaire à l’apparence positive qui en réalité semble plutôt cacher un : «Ouf! Bonne chance!» ou un «Ouf! Quel mauvais choix!». Ce jugement et cet avertissement me faisaient une fois de plus douter. 

Dans mon dernier texte, je vous faisais part de l’importance d’écouter son cœur. C’était donc l’occasion rêvée de mettre en pratique ce précieux conseil donné par ma mère. J’ai alors décidé de suivre mon instinct et de me faire enfin confiance. Par la suite, les autres «si» sont apparus comme par magie ! Et si j’avais tout simplement foi en la vie? Elle m’a rarement déçue après tout ! Et si tout se passait bien ? Et si la vie de famille ne faisait que s’embellir ? Et si l’amour se multipliait une troisième fois ? Et si je faisais de ce rêve une réalité ? Et si je n’avais pas peur et j’avançais la tête haute ? 

Je ne me suis pas trompée et je n’ai pas eu de regrets, mon coeur m’a une fois de plus guidée vers la plus belle décision. Je dois vous avouer que ma vie de famille est imparfaite, mais c’est parfait ainsi.

Et si j’avais tout simplement mal interprété les :«Tu es bonne!» ? Et s’ils voulaient tout simplement et sincèrement dire :«Tu es bonne!» ?

Et si on avait foi en nous-même? Ne laissons pas la peur prendre toute la place. Avançons en toute assurance, avec aplomb. Laissons notre coeur se balader main dans la main avec notre tête. Notre sentiment de plénitude sera assurément comblé. 

Odile Lebel, Collaboratrice, Pastel Ludique

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